Dossier : la bataille légale d’Inazuma Eleven Go Galaxy en Europe

Retour sur une affaire qui aura duré trois ans, et les conséquences qu’elle a pu avoir sur la sortie du jeu en Europe.

Inazuma Eleven Go: Galaxy est le troisième et dernier jeu de la série Inazuma Eleven Go, et jusqu’à l’annonce d’Inazuma Eleven Ares en 2016, il était parti pour être le dernier jeu de la série Inazuma Eleven tout court, Level-5 ayant changé de cap et s’étant focalisé sur sa nouvelle série à succès Yo-kai Watch, et de nouveaux projets tels que The Snack World.

Galaxy est d’abord arrivé au Japon sous la forme d’un anime, qui a commencé sa diffusion immédiatement après la fin de l’anime Inazuma Eleven Go: Chrono Stone, en mai 2013. Le jeu vidéo est ensuite sorti sur Nintendo 3DS en deux versions, Big Bang et Supernova, en décembre 2013. L’anime s’est finalement conclu en mars 2014, et sans suite annoncée, Inazuma Eleven a tiré sa révérence au Japon.

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Du côté de l’Europe, la série a toujours eu 2 à 3 ans de retard sur le Japon. Le premier jeu est sorti chez nous en janvier 2011 (seulement en août au Royaume-Uni — gardez cette information dans un coin de l’esprit, elle sera utile pour plus tard), soit près de trois ans après le Japon, et l’écart est toujours resté plus ou moins le même. Ainsi, d’année en année, la série a fait son chemin en Europe, et après la sortie d’Inazuma Eleven Go: Chrono Stones en mars 2015, les fans s’attendaient logiquement à voir apparaître Inazuma Eleven Go: Galaxy dans leurs vertes contrées l’année d’après. L’anime a même été diffusé dès septembre 2015 en France, comme pour les séries précédentes. Tout semblait indiquer qu’Arion et ses amis seraient là pour leur rendez-vous annuel sur les Nintendo 3DS françaises. Hélas, il n’en fût rien.

À ce jour, Galaxy n’est encore jamais sorti en Europe, et les fans s’interrogent toujours sur la raison de cette non-sortie. Et avec l’arrivée d’Inazuma Eleven Ares début 2019, tout semble indiquer que Level-5 est passé à autre chose et que l’ultime épisode de la saga Inazuma Eleven Go ne verra jamais le jour chez nous.

De nombreux fans ont tenté de contacter Level-5 et Nintendo, à l’époque éditeur de la série en Europe, pour obtenir des réponses, en vain. Il est d’ailleurs assez commun de voir, encore aujourd’hui, des personnes sur les réseaux sociaux demander des informations sur la situation de Galaxy. Sans réponse officielle, les fans ont alors cherché à trouver des réponses par eux-mêmes… et ont fini par trouver une piste.

Dans ce dossier, nous allons reconter les évènements autour des problèmes légaux rencontrés par Level-5 au moment d’enregistrer la marque « Inazuma Eleven Go: Galaxy » en Europe. Toutes les informations proviennent de documents officiels publiés par l’EUIPO, et pouvant être consultés librement sur le site de l’agence.

Ce dossier a comme base les recherches initiales de Nazo Okada et des membres d’Inazuma Eleven Le Forum, qui ont été les premiers à découvrir les éléments qui seront présentés plus bas. Le but de ce dossier n’est donc pas de nous approprier ces recherches, mais plutôt de les clarifier, les compléter avec les évènements récents et les remettre en lumière, afin de dissiper les nombreux malentendus et fausses informations qui ont pu circuler depuis. Nous tenterons également d’expliquer de manière simple et accessible l’aspect légal de la procédure, et nous apporterons notre avis sur la question : Galaxy sortira-t-il un jour en Europe ?


Le dépôt de marque et la procédure

Tout commence le 9 avril 2015. Le cabinet d’avocats londonien Reddie & Grose, spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle, fait un dépôt de marque auprès de l’EUIPO pour « INAZUMA ELEVEN GO Galaxy » au nom de Level-5. L’EUIPO, ou European Union Intellectual Property Office (Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle) est l’agence se chargeant d’enregistrer et protéger les marques à l’échelle européenne.

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Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre comment fonctionne la procédure d’enregistrement auprès de l’EUIPO :

  • Une demande est déposée, en détaillant tous les domaines auxquels s’applique la marque (série TV, jouets, vêtements, …) ;
  • L’EUIPO reçoit la demande, et celle-ci entre en période d’examen, où elle est étudiée en détail par l’agence avant d’être validée et publiée ;
  • Une fois publiée, la demande entre alors en période d’opposition : pendant trois mois, n’importe qui peut se prononcer et faire opposition s’il estime que le dépôt de marque entre en conflit avec sa propre marque ;
  • Une fois les trois mois écoulés, si aucune opposition n’a été reçue, la marque est enregistrée pour de bon.

Dans le cas de Galaxy, l’examen s’est achevée le 21 avril 2015, et la demande a été publiée le lendemain, le 22 avril 2015. Elle est alors entrée en période d’opposition, d’une durée de trois mois, qui devait donc s’étendre jusqu’au 22 juillet 2015… Hélas, une complication de dernière minute allait plonger Inazuma Eleven Go Galaxy dans un interminable cauchemar légal.

L’opposition : MSC Technologies entre en scène

Alors que la période d’opposition touchait à sa fin le jour même, le 22 juillet 2015, l’EUIPO reçoit un acte d’opposition formulé par le cabinet d’avocats Lorenz Seidler Gossel, représentant MSC Technologies Systems GmbH, une entreprise allemande produisant des composants électroniques et des équipements de communication. Après étude, l’EUIPO valide l’opposition de MSC Technologies et notifie Reddie & Grose le 31 juillet 2015. La procédure d’opposition démarre alors.

Lorsqu’une opposition est faite, la procédure est découpée en plusieurs phases :

  • Tout d’abord, l’EUIPO offre aux deux parties un délai de réflexion de deux mois : durant cette période, elles peuvent négocier un accord et mettre un terme à la procédure. Cette période peut être reconduite sur jusqu’à 22 mois supplémentaires, pour un total de 24 mois, soit deux ans.
  • Si aucun accord n’a découlé de la phase de réflexion et qu’elle n’est pas/ne peut plus être reconduite, la procédure entre alors dans sa phase contradictoire : l’opposant dispose de deux mois pour fournir à l’EUIPO autant de preuves supplémentaires qu’il le souhaite ; puis, le demandeur dispose de deux mois pour présenter ses observations, et l’opposant peut alors à son tour présenter ses observations en réponse à celles du demandeur. Si nécessaire, les échanges peuvent être prolongés par l’EUIPO.

Dans notre cas, le délai de réflexion a été fixé jusqu’au 5 octobre 2015, après quoi la phase contradictoire commencerait conformément à la procédure. Reddie & Grose, et par extension Level-5, disposaient ainsi d’un peu plus de deux mois pour négocier avec l’entreprise allemande et trouver un terrain d’entente. Mais, sur quoi reposait l’opposition exactement ?

La nature de l’opposition

Cette partie de l’histoire vous fera peut-être rire, ou hurler de colère, ou les deux en même temps.

Comment Inazuma Eleven Go Galaxy, un jeu vidéo de football/RPG, peut-il entrer en conflit avec les marques d’un industriel allemand ? La réponse est sordide à première vue :

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En effet, MSC Technologies dispose d’une marque d’ordinateurs appelée… vous l’avez deviné, Galaxy ! La marque a fait l’objet de deux dépôts auprès de l’EUIPO et existe depuis les années 90. Les avocats de MSC Technologies ont fait opposition sur le dépôt de la marque « INAZUMA ELEVEN GO Galaxy », car ils estimaient qu’il « existe une possibilité de confusion auprès du public« .

La situation prête à sourire, sachant qu’il suffit d’un coup d’œil pour comprendre qu’il n’y a aucun lien entre un jeu vidéo/dessin animé où des enfants jouent au football dans l’espace contre des extra-terrestres et se transforment en animaux, et un simple ordinateur ! C’est d’autant plus improbable qu’il existe un nombre incroyable de marques contenant le mot, ou s’appelant littéralement « Galaxy », et qui n’ont pas posé problème.

Alors, est-ce que les avocats du cabinet Lorenz Seidler Gossel sont tout simplement idiots ? Pas forcément si on regarde de près la catégorie « Produits et Services » du dépôt de marque pour Inazuma Eleven Go Galaxy…

Comme nous l’expliquions plus haut, au moment de déposer une marquer à l’EUIPO, il faut détailler tous les domaines auxquels s’applique la marque. Il s’agit de la catégorie Produits et Services (Goods and Services). Afin de simplifier cette tâche, il existe une classification appelée classification de Nice, qui regroupe tous les types de produits et services en 45 « classes » : les classes de 1 à 34 correspondent aux produits, tandis que les classes 35 à 45 correspondent aux services.

Dans notre cas, Inazuma Eleven Go Galaxy est associé à des produits et services des classes 9, 38 et 41.

  • La classe 9 regroupe tous les appareils et instruments scientifiques, mais aussi tous les programmes informatiques et logiciels. Le jeu vidéo Inazuma Eleven Go Galaxy entre dans cette catégorie.
  • La classe 38 regroupe tous les services liés à la communication. Cela inclut la diffusion de programmes télévisés : le dessin animé Inazuma Eleven Go Galaxy entre dans cette catégorie. (Il n’y a donc pas que le jeu qui est concerné par ce dépôt de marque — gardez également ce détail en tête pour plus tard.)
  • La classe 41 regroupe tous les services liés à l’éducation, le divertissement, … Cette catégorie pourrait englober le dessin animé, mais aussi d’autres produits tels que les livres, la musique, etc.

Une fois une classe de produits/services sélectionnés, le demandeur est libre de lister tous les types de produits/services entrant dans cette classe. Et c’est là que l’on obtient des choses assez improbables…

Parmi les produits de classe 9 couverts par la marque Inazuma Eleven Go Galaxy, on pouvait trouver des « appareils et instruments scientifiques, nautiques, (…) et de sauvetage« , des « appareils pour conduire, (…) transformer, accumuler (…) de l’électricité« , ou encore des extincteurs !

Et c’est là que le problème réside : étant une marque d’ordinateur, la marque « Galaxy » de MSC Technologies couvre plusieurs produits de la classe 9, et Inazuma Eleven Go Galaxy, en ratissant large et couvrant autant de produits, est effectivement entré en conflit avec la marque allemande.

Il ne s’agissait donc pas simplement d’une faute d’attention de la part des avocats de MSC Technologies : telle que présentée, la marque Inazuma Eleven Go Galaxy permettait par exemple à Level-5 de produire des « machines de calculs, équipements de traitement de données et ordinateurs » ; cela veut dire que s’ils le souhaitaient, Level-5 auraient pu commercialiser un ordinateur « Inazuma Eleven Go Galaxy », ce qui aurait bel et bien prêté à confusion avec l’ordinateur commercialise par l’entreprise allemande — et même si nous savons que Level-5 n’aurait jamais conçu un tel produit, il est tout à fait compréhensible que MSC Technologies ait voulu se prémunir d’un tel risque.

Du coup, une question se pose : pourquoi avoir inclus autant de produits sans aucun rapport avec la marque ? Level-5 n’allait clairement jamais faire construire des périscopes pour sous-marins ou des accumulateurs électriques avec la tête d’Arion Sherwind imprimée dessus.

Il s’agit en réalité d’une pratique très courante dans le cadre des dépôts de marque, qui est même encouragée par l’EUIPO : il ne s’agit pas seulement de lister ce que l’entreprise produit et le marché qu’elle occupe présentement, il faut aussi se projeter sur plusieurs années et inclure tous les produits qu’elle pourrait développer à l’avenir. Mais il ne faut pas pour autant ratisser trop large, car cela ouvre la marque à davantage de conflits potentiels. Il faut ainsi trouver l’équilibre entre « penser grand » et « être réaliste » — et dans le cas présent, Level-5 a pensé un peu trop grand pour son propre bien…

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Les négociations : deux années d’attente

Le délai de réflexion étant passé sans qu’aucun accord ne soit formulé entre les deux parties, la procédure a alors continué et est entré le 6 octobre 2015 dans sa phase contradictoire. Du 6 octobre au 5 décembre, Lorenz Seidler Gossel avait la possibilité d’apporter des éléments de preuves supplémentaires pour renforcer son dossier, mais il n’existe aucun document sur cette période ; on peut donc supposer qu’aucune preuve supplémentaire n’a été apportée et que rien ne s’est produit durant ces deux mois.

C’est alors au tour de Reddie & Grose et Level-5 de formuler des observations quant au dossier de l’opposant, dans un délai de deux mois : ils ont donc jusqu’au 5 février 2016 pour se prononcer. C’est à ce moment que l’affaire prend une tournure improbable.

Le 25 janvier 2016, à quelques jours de la fin de leur période d’observation, Reddie & Grose envoie une lettre à l’EUIPO, demandant à ce que la procédure soit suspendue. En effet, Level-5 et MSC Technologies sont « en train de négocier un arrangement », qui devrait être établi sous peu. L’EUIPO accepte alors de suspendre la procédure pendant un an, soit jusqu’au 25 janvier 2017 (il s’agit de la durée standard pour les suspensions de procédure). Un délai bien plus long que nécessaire, puisque les négociations étaient déjà bien entamées et devaient se conclure sous peu d’après le courrier. Hélas…

Après un an sans nouvelles, et à la veille de la fin du délai, Reddie & Grose envoie un nouveau courrier à l’EUIPO le 24 janvier 2017, demandant à ce que la procédure soit suspendue pour une durée prolongée, car les deux parties sont « encore en cours de négociation ». L’EUIPO accepte et prolonge la suspension d’une année supplémentaire, jusqu’au 25 janvier 2018.

Mais même ce délai supplémentaire n’aura pas suffi : après une nouvelle année sans la moindre avancée, un nouveau courrier est envoyé le 25 janvier 2018, demandant une nouvelle suspension ! L’EUIPO, semble alors perdre patience : le lendemain, le 26 janvier 2018, elle envoie une lettre aux deux parties répondant qu’elle refuse d’étendre la suspension, l’ayant déjà été pendant 2 ans, le maximum autorisé.

Ne pouvant être suspendue plus longtemps, la procédure reprend alors son cours normal, exactement là où elle avait été laissée en 2016 — cette période de « négociations » auront donc été deux années de perdues.

Les derniers mois de la procédure : la résolution

Pour rappel, nous sommes de retour dans la phase contradictoire de la procédure : Level-5 dispose de deux mois, soit jusqu’au 25 mars 2018 pour apporter des « observations » sur l’opposition formulée par MSC Technologies — en clair, y répondre.

Et… c’est ce qu’ils finissent par enfin faire ! Le 1er mars 2018, Reddie & Grose envoie une lettre à l’EUIPO, demandant à modifier la section Produits et Services de leur dépôt de marque. Une fois cet amendement fait, il est prévu que MSC Technologies retire son opposition, et que chaque partie supporte ses propres dépens.

Quelles modifications ont été apportées ? Et bien, vous allez être surpris… Tout simplement les lignes qui posaient problème dès le départ !

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Les plus grosses modifications se situent dans la classe 9. D’une manière générale, Level-5 a retiré les lignes pouvant prêter à confusion avec les produits de MSC Technologies : il n’est plus question de « circuits électroniques, bandes magnétiques, cartes magnétiques, disques optiques et autres supports pouvant contenir des programmes informatiques », et la mention « logiciels informatique » vers la fin du texte a disparu. Mais plus important, toutes les lignes qui n’avaient aucun rapport avec le jeu vidéo ont disparu : plus d’instruments scientifiques, nautiques etc., plus d’équipement électrique, plus de caisses enregistreuses, plus d’extincteurs ! Globalement, la description est beaucoup plus fidèle à ce que l’on pourrait attendre d’un jeu vidéo. La classe 38, quant à elle, enlève les « services de télécommunication », se focalisant sur les émissions télévisées (le dessin animé, donc).

Une solution a donc finalement été trouvée, mais cela va prendre encore du temps avant que la situation soit résolue pour de bon…

Un mois et demi plus tard, le 17 avril 2018, l’EUIPO applique les changements à la section « Produits et Services », et notifie les avocats de MSC Technologies… qui ne reçoivent pas le courrier. Ils envoient un courrier à l’EUIPO le 14 mai pour demander à ce qu’il soit renvoyé, ce que l’agence fait le 4 juin… à nouveau sans succès, à cause de soucis techniques. La notification finit enfin par arriver le 18 juin, soit deux mois après que les changements aient été apportés (et rendus visibles sur le site à la vue de n’importe qui !). À noter que les deux premiers courriers ont fini par être débloqués et envoyés le 9 juillet.

Étant maintenant formellement mis au courant, Lorenz Seidler Gossel et MSC Technologies ont jusqu’au 31 août pour apporter une réponse, mais il n’y aura pas à attendre aussi longtemps. Les avocats de MSC Technologies envoient un ultime courrier le 31 juillet 2018, pile trois ans après le début de la période d’opposition, notifiant l’EUIPO qu’ils ont pris la décision de retirer leur opposition. À partir de là, il n’y a plus qu’à ce que l’EUIPO valide cette décision, ce qu’elle finit par faire le 20 août 2018 : l’agence lève définitivement l’opposition, et procède par la même occasion à l’enregistrement définitif de la marque.

Le 22 août 2018 (heureux hasard, le jour des 10 ans de la série), l’enregistrement est publié au Bulletin des marques de l’Union Européenne : la marque Inazuma Eleven Go Galaxy est officiellement enregistrée, trois ans et quatre mois après la publication de la demande de Level-5. Le cauchemar juridique touche à sa fin.

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Résumé chronologique des faits

Cela fait beaucoup d’informations à encaisser, du coup voici un résumé des différents points importants de ces trois ans de procédure :

  • 9 avril 2015 : Level-5 fait une demande de dépôt de marque pour Inazuma Eleven Go Galaxy.
  • 22 avril 2015 : La demande est publiée par l’EUIPO.
  • 22 juillet 2015 : MSC Technologies fait opposition à la marque de Level-5.
  • 31 juillet 2015 : L’EUIPO valide l’opposition, le délai de réflexion commence.
  • 5 octobre 2015 : Comme aucun accord n’a été trouvé, la phase contradictoire commence, chaque partie apportant des éléments chacun son tour sur deux mois.
  • 5 décembre 2015 : Fin du tour de MSC Technologies, aucun nouvel élément apporté.
  • 25 janvier 2016 : Level-5 interrompt son tour de la phase contradictoire pour procéder à des négociations directes avec MSC Technologies pendant un an, sans résultat.
  • 24 janvier 2017 : Level-5 interrompt une nouvelle fois la procédure pendant un an pour continuer les négociations, sans résultat.
  • 25 janvier 2018 : Level-5 demande à interrompre une troisième fois la procédure, l’EUIPO refuse et la procédure reprend son cours.
  • 1er mars 2018 : Level-5 trouve un accord avec MSC Technologies et fait modifier la liste des produits et services.
  • 17 avril 2018 : Les modifications sont appliquées par l’EUIPO et MSC Technologies est notifiée.
  • 18 juin 2018 : MSC Technologies reçoit enfin la notification, suite à plusieurs problèmes techniques lors de l’envoi.
  • 31 juillet 2018 : MSC Technologies consulte le dossier et, satisfaite, retire son oppositon.
  • 20 août 2018 : La procédure d’opposition est close par l’EUIPO et la marque est enregistrée.

Et maintenant ?

C’est la question qui est sur toutes les lèvres depuis trois ans, et qui l’est d’autant plus maintenant que la marque a enfin été enregistrée avec succès : est-ce que le jeu sortira en Europe ?

Si vous avez commencé à lire ce dossier uniquement pour avoir cette réponse, la voici au format court : on ne sait pas, et il est impossible de le savoir ! Voilà, merci d’avoir lu notre dossier.

Mais si vous n’êtes pas contre rester un peu plus longtemps, voici une réponse détaillée (qui ne sera pas différente, on ne vous dira pas « oui, il sortira » !) et notre avis sur la question — ou plutôt, les questions.

Le dépôt de la marque suffit-il à conclure que le jeu sortira ?

On serait tenté de se dire « Level-5 a déposé la marque en Europe, donc c’est qu’ils veulent sortir le jeu ». C’est un raccourci qui est souvent fait, notamment suite aux nombreux articles de presse indiquant dans le titre que Level-5 a « déposé la marque ». Mais comme vous avez pu le constater en lisant ce dossier, ce n’est pas tant que la marque a été déposée, mais plutôt que l’EUIPO a accepté de l’enregistrer après trois ans.

Du coup, la seule chose que l’on peut déduire de ce dépôt de marque en lui-même est : Level-5 comptait sortir le jeu au moment de la demande de dépôt de marque en 2015. Oui, c’est tout de suite beaucoup moins séduisant, mais c’est la seule chose que l’on peut réellement déduire en se basant uniquement sur le dépôt de marque. Le fait qu’il ait été débloqué et enregistré aujourd’hui ne veut pas dire que Level-5 compte le sortir aujourd’hui.

Est-ce que cette bataille prouve que Level-5 veut toujours le sortir ?

Il est vrai qu’en présentant la chose comme « Level-5 s’est battu pendant trois ans », on a envie de penser à un Level-5 aussi déterminé que les héros de sa série, ne perdant jamais espoir et se battant jusqu’au bout pour gagner. Mais si cette étude détaillée de la procédure nous a bien appris une chose, c’est que pendant la majeure partie de ces trois ans… il ne s’est rien passé !

Level-5 et MSC Technologies avaient deux mois au début de la procédure pour arriver à un accord, mais rien n’en est ressorti. Level-5 a ensuite interrompu la procédure pendant deux années consécutives, sans succès. On ignore comment ont eu lieu les échanges entre les deux parties pendant cette période, peut-être qu’il y a effectivement eu de longs débats houleux pendant deux ans ; mais en voyant la simplicité du problème et la solution finalement adoptée, on a du mal à comprendre comment les négociations ont pu prendre autant de temps. Est-ce qu’il a réellement fallu deux ans pour que les deux entreprises se mettent d’accord et que Level-5 accepte de retirer la ligne disant « notre produit est un ordinateur » ?

Notre avis est que Level-5 n’a pas été particulièrement actif dans cette bataille, voire qu’ils l’ont volontairement laissée traîner. Peut-être était-ce dû au déclin des ventes de la série en Europe, ou l’envie de mettre la priorité sur d’autres licences plus profitables comme Yo-kai Watch, mais il nous paraît vraiment étrange que Level-5 ait mis autant de temps à atteindre ce compromis, une solution si évidente à un problème qui n’avait pas lieu d’être, s’ils avaient réellement envie de sortir le jeu en Europe et étaient prêts à se battre pour que cela arrive.

Level-5 a-t-il intérêt à sortir Galaxy aujourd’hui ?

C’est une question qui fait débat. Pour les fans qui rêvent de jouer au jeu depuis des années, la réponse est bien entendu oui. Mais pour beaucoup, il serait trop tard pour sortir le jeu. Mais est-ce vraiment le cas ?

Alors que tous les regards sont tournés vers la Nintendo Switch, sa grande sœur la Nintendo 3DS n’a pas pour autant totalement tiré sa révérence. Avec des jeux annoncés par Nintendo eux-mêmes jusqu’en 2019, et de nouveaux modèles de New 2DS XL en production, il s’agit d’un support qui continue de se vendre et d’avoir du succès notamment auprès des plus jeunes. La preuve, Level-5 sortira Yo-kai Watch Blasters le 7 septembre, édité par Nintendo. La 3DS est toujours une console attrayante, aussi bien pour Level-5 dont les jeux visent les plus jeunes que pour Nintendo qui dispose là d’un partenariat idéal pour continuer de remplir leur catalogue tout en focalisant leurs efforts sur la Switch.

Si Yo-kai Watch continue de sortir sur 3DS en ce moment même, il n’y aurait rien d’étrange à sortir un Inazuma Eleven sur cette console.

Mais est-ce que Galaxy ferait l’affaire ? Plus de 3 ans se sont écoulés depuis la sortie de l’épisode précédent, et beaucoup de fans sont déjà passés à autre chose (Ares, notamment, voire ont totalement décroché de la série). En dehors des quelques fans fidèles qui y joueront, le jeu a-t-il le potentiel de séduire un nouveau public ? Difficile à dire, mais il faut reconnaître que ce serait un risque à prendre. Dans le meilleur des cas, Level-5 pourrait profiter de la diffusion d’Ares pour susciter de l’intérêt pour Inazuma Eleven en général, et espérer que cela suffira pour sortir Galaxy en attendant que le jeu Ares soit prêt, mais nous n’y croyons pas vraiment.

Est-il possible de sortir Galaxy aujourd’hui ?

On ignore la nature du partenariat entre Level-5 et Nintendo pour l’édition des jeux en Europe ; est-ce que Level-5 pourrait éditer le jeu par eux-mêmes sans Nintendo si jamais ces derniers n’étaient pas intéressés ? Y a-t-il une restriction en termes de droits d’édition ? Impossible donc de répondre clairement sans avoir ce genre d’informations internes ; mais si pour simplifier nous partons du principe que tout le monde a envie que le jeu sorte et est prêt à y mettre l’argent nécessaire, quitte à ce que ce soit un flop… alors oui, il est parfaitement possible de sortir Galaxy aujourd’hui.

La marque étant enregistrée, il n’y a aucune limitation pour Level-5, ils peuvent sortir le jeu sans le moindre problème. Nous pensons que tout le monde a bien compris ce fait, étant donné le nombre d’articles, vidéos sur YouTube, et messages que nous recevons chaque jour !

Mais maintenant, que diriez-vous si nous vous disions… qu’il était possible pour Level-5 de sortir le jeu depuis 2015, et qu’ils auraient pu le sortir n’importe quand pendant ces trois années de litige ?

Attendez, Level-5 pouvait sortir le jeu ??

Depuis le début de ce dossier (et depuis que les fans ont découvert cette histoire), nous nous sommes focalisés sur la marque suivante, déposée le 9 avril 2015.

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Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est que Level-5 avait déjà déposé la marque une première fois en 2014 !

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Vous ne rêvez pas. Ce premier dépôt de marque (consultable à cette page) a été fait le 30 avril 2014, et a été enregistrée sans encombre par l’EUIPO le 23 septembre 2014. Aucune opposition n’avait été faite à l’encontre de la marque à l’époque (et Level-5 a eu de la chance, car la liste des Produits et Services contenait les mêmes lignes problématiques !), et cela fait en réalité bientôt 4 ans que Level-5 détient la marque Inazuma Eleven Go Galaxy en Europe.

Mais alors, pourquoi avoir fait un deuxième dépôt de marque un an plus tard ? Et bien, précisément parce que, pour reprendre les mots de l’EUIPO, ils n’avaient pas « pensé grand ».

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Comme indiqué sur le site de l’agence, une fois une demande déposée, il est impossible d’ajouter des produits ou services, d’où l’importance de rédiger une liste la plus complète possible dès le départ (quitte à inclure des produits qui ne sont pas immédiatement prévus). Or, si vous comparez les deux dépôts de marque, vous remarquerez qu’il y a une légère différence : la marque de 2014 s’applique aux classes 9 et 41, tandis que celle de 2015 s’applique aux classes 9, 38 et 41.

Si vous vous souvenez du passage dédiée à ces classes plus haut dans le dossier, vous savez que la classe 38 inclut la diffusion de programmes télévisés : c’est ce qui manquait dans le premier dépôt de marque, nous pensons donc que la marque restée bloquée depuis 2015 n’avait pas été déposée pour le jeu, mais pour l’anime.

Qu’est-ce que l’anime vient faire dans tout ça ?

Comme Akihiro Hino l’expliquait lors d’une interview avec le site JeuxVidéo.com, Inazuma Eleven n’est pas qu’une série de jeux vidéo, mais toute une franchise cross-media ; c’est à dire que si la série s’exporte, il faut que tout l’écosystème soit de la partie, le jeu, le manga, et bien entendu l’anime.

C’est en grande partie pour cela que les jeux ont toujours eu un grand retard en Europe : il fallait que tout le monde, ou au moins un maximum soit à la page au niveau de l’anime avant de pouvoir sortir le jeu — un choix qui se comprend quand on voit que l’anime est la principale raison du succès du jeu au Japon.

Pour prouver à quel point l’anime est important pour assurer les ventes des jeux : nous avons mentionné plus haut que le premier Inazuma Eleven était sorti plus tard au Royaume-Uni, en août 2011 au lieu de janvier alors que la traduction du jeu était pourtant déjà faite et prête à sortir ! Ce report était dû spécifiquement au fait que l’anime n’avait pas été diffusé dans ce pays à l’époque de la sortie — le jeu déjà traduit et emballé était resté dans les placards de Nintendo pendant 7 mois uniquement parce que l’anime manquait à l’appel !

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Une situation similaire semble s’être produite pour Inazuma Eleven Go Galaxy : la traduction du jeu serait prête depuis un moment (à en croire les dires de la directrice artistique Julie Basecqz à l’époque, voir image ci-dessus),mais l’anime n’a été diffusé que dans quelques pays : l’Espagne, l’Italie et la France, mais d’autres pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont toujours pas eu droit à la dernière série de la trilogie Go.

Notre hypothèse est donc la suivante : Level-5 pouvait, s’ils le souhaitaient, sortir le jeu en Europe — après tout, ils détenaient la marque depuis 2014. Cependant, l’absence de l’anime dans certains pays d’Europe a retardé/annulé leurs plans.

Les problèmes légaux au niveau de l’EUIPO sont-ils la cause de l’absence de l’anime ?

Le pire dans cette histoire… c’est que nous n’avons même pas la certitude que cela soit le cas.

Les précédentes séries ont pu être diffusées sans la présence de la classe 38 (la classe 41 semble déjà couvrir des services en rapport avec la télévision), et même Galaxy a pu être diffusée entre 2014 et 2015 dans certains pays d’Europe. Dans le cas de Go et Chrono Stone, il n’y a même jamais eu de dépôt de marque en Europe. Nous n’avons donc pas de preuve concrète que l’opposition faite sur la marque en 2015 ait réellement bloqué Level-5 sur quoi que ce soit.

Cependant, force est de constater que Level-5 a eu besoin, pour une raison ou une autre, de déposer une nouvelle marque, plus complète, en rajoutant la classe 38. Peut-être que l’absence de cette ligne les bloquait effectivement pour la diffusion dans certains pays, et que le fait que MSC Technologies bloquait l’enregistrement de la nouvelle marque a bel et bien empêché la diffusion dans les pays restants d’Europe ; mais nous estimons ne pas avoir les preuves nécessaires pour l’affirmer.

Il est toutefois intéressant de remarquer que, à peine deux semaines après l’enregistrement de la marque, la chaîne portugaise Biggs a annoncé qu’elle diffuserait Galaxy à la rentrée, alors que la série était attendue depuis plus d’un an. Y a-t-il un lien ? Le timing est parfait (peut-être même trop, on se demande s’il est réellement possible de planifier la diffusion d’une série en moins de deux semaines !), mais avant que vous ne vous lanciez dans de nouvelles théories, sachez que les jeux Inazuma Eleven n’ont de toute façon jamais été traduits en portugais !

Du coup, est-ce que Level-5 sortira le jeu ?

Il est impossible de répondre à cette question aujourd’hui, tant il reste de zones d’ombre sur cette histoire. Il y a plusieurs cas de figure, plusieurs hypothèses, mais si nous devions récapituler :

  • Level-5 détient la marque Inazuma Eleven Go Galaxy en Europe depuis septembre 2014.
  • Bien que cela ne les ait pas empêchés de diffuser l’anime en Espagne, Italie et France, ainsi que les séries précédentes, quelque chose a poussé Level-5 a redéposer la marque en 2015 en ajoutant la mention « Diffusion de programmes de télévision » à la classe 38.
  • Level-5 a été particulièrement passif pendant la procédure d’opposition, et a mis bien trop longtemps à trouver une solution pourtant très simple et non-contraignante.
  • Si cela empêchait la diffusion de l’anime dans les autres pays, ils ont maintenant logiquement la possibilité de le faire.
  • En revanche, si l’absence de diffusion dans ces pays était due à d’autres facteurs (pas de chaîne intéressée par acheter la série, par exemple), l’enregistrement de la marque ne changera rien.
  • Dans tous les cas, Level-5 était légalement en mesure de sortir le jeu depuis 2014, nous pensons que l’opposition de MSC Technologies n’a jamais impacté directement le jeu, et si une sortie aujourd’hui n’est pas impossible, elle dépendra fortement de la diffusion de l’anime, qui elle-même dépendra de nombreux facteurs de risque (plusieurs années d’absence, arrivée prochaine d’Ares…), sans parler d’éventuelles contraintes au niveau des entreprises partenaires (Nintendo, …).
  • Tout ce qui est sûr, c’est que la résolution de l’affaire auprès de l’EUIPO ne confirme en rien que le jeu sortira en Europe.

Notre réponse est donc la même que plus haut : on ne sait pas, et il est impossible de le savoir ! S’il y a toujours un espoir, nous voulons que vous soyez conscients des obstacles qui se dresseraient sur la route de Level-5 pour y parvenir s’ils décidaient de sortir le jeu après tout ce temps, et que vous preniez en compte les actions et décisions de Level-5 pendant ces dernières années dans vos réflexions.

À ce stade, nous pensons que la question n’est plus « Level-5 peut-il sortir le jeu », mais plutôt « Level-5 veut-il sortir le jeu« . Et à la vue de ce qui a été entrepris par la firme pendant ces trois dernières années, et les risques que cela constituerait de sortir le jeu aussi tard, nous ne pensons pas que cela soit dans leurs projets.

Toutefois, il faut admettre que certains évènements peuvent redonner espoir si on veut vraiment y croire. Le retour inattendu de la série au Portugal arrive avec un timing troublant, et certains voient déjà dans la déprogrammation temporaire d’Inazuma Eleven Ares en France un signe que Level-5 veut sortir Inazuma Eleven Go Galaxy avant de passer à la nouvelle série… ! Une hypothèse sans doute trop belle pour être vraie, mais qui suffit à faire garder espoir aux fans les plus fidèles… et au fond, est-ce que ce n’est pas justement ça, l’esprit d’Inazuma Eleven, de garder espoir jusqu’au bout ?

Et vous, quel est votre avis sur la question ? Croyez-vous à un retour miraculeux de l’épisode perdu ? Ou bien pensez-vous que Level-5 est définitivement passé à autre chose et focalise désormais tous ses efforts sur Inazuma Eleven Ares ?

tenma dreaming


Sources

Page de la marque INAZUMA ELEVEN GO Galaxy (2015) : https://euipo.europa.eu/eSearch/#details/trademarks/013923669

Page de la marque INAZUMA ELEVEN GO Galaxy (2014) : https://euipo.europa.eu/eSearch/#details/trademarks/012834834

Page de la marque Galaxy : https://euipo.europa.eu/eSearch/#details/trademarks/006549307

Description de la procédure d’enregistrement : https://euipo.europa.eu/ohimportal/fr/registration-process

Description des produits et services : https://euipo.europa.eu/ohimportal/fr/goods-and-services

Classification de Nice : http://www.wipo.int/classifications/nice/nclpub/en/fr/

Recherches des membres d’Inazuma Eleven Le Forum : http://inazumaeleven-forum.1fr1.net/t11213-l-affaire-inazuma-eleven-go-galaxy

Un commentaire sur “Dossier : la bataille légale d’Inazuma Eleven Go Galaxy en Europe

  1. Merci pour cet excellent dossier.

    J’ai moi-même bien potassé là-dessus pendant quelques temps et tu as réussi à m’apprendre certaines petites choses sur cette affaire.

    Paradoxalement même si j’estime que plus le temps passe, plus les chances de voir le jeu sortir se réduisent, la diffusion de l’anime au Portugal ainsi que la suspension de la diffusion d’Arès en France pourraient ne pas être une coïncidence.

    Il serait intéressant de voir ce qu’il en est de la diffusion d’Ares en Espagne, en Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni : d’habitude l’Espagne et l’Italie étaient en avance sur la France concernant la diffusion des saisons d’Inazuma Eleven.

    Y a t-il aussi un retardement de la diffusion d’Ares chez nos voisins européens ?

    Mais la raison peut aussi être la sortie repoussée du jeu Ares au Japon qui entraînerait un retard pour la version européenne d’Ares.

    Par ailleurs il ne faut pas non plus oublier que le jeu avait été traduit au minimum en français, en italien et en espagnol : ce sont des frais déjà engagés pour la traduction qui passeraient à la trappe si le jeu ne venait pas à sortir.

    Il est même fort possible que le jeu ait été traduit en allemand et en anglais à la même époque.

    Tout ça pour des catégories de produits cochées en trop et (surtout) un très probable je-m’en-foutisme incroyable de la part de l’une ou des deux parties prenantes de cette affaire !

    Le plus énervant c’est ce silence qui dure depuis plus de 2 ans : il serait temps que Level-5 nous dise clairement si le jeu va sortir ou non.

    Ce serait la moindre des choses.

    Car à la sortie d’Ares les fans d’IE n’auront oublié ni cette affaire, ni celle des mots de passe de Chrono Stone.

    En tout cas merci encore pour cet article très bien écrit (et plus généralement pour la qualité de articles du site).

    Bonne journée.

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